Annoncée comme l'un des principaux titres Nintendo accompagnant dans les premiers mois de sa commercialisation la dernière-née des consoles Nintendo, la Wii, Metroid Prime 3 : Corruption aura vu sa sortie repoussée maintes et maintes fois pour des raisons d'améliorations, techniques et qualitatives. Censé effectivement sortir au début de l'année 2007 pour faire suite à l'arrivée de The Legend of Zelda : Twilight Princess et ainsi initier le rythme de sortie des grandes licences Nintendo attendues sur la console, le jeu se sera en fin de compte fait désirer.
Et bien que certains puissent lui reprocher son retard, évoquant comme à l'accoutumée l'absence de justification fondée quant à la motivation de Nintendo d'améliorer celui-ci, d'aucuns ne pourront cependant lui contester son aboutissement, tant sur le plan de sa réalisation qu'au niveau de sa prise en main. Car en effet, si les exigences de Nintendo l'ont conduit à reporter la date de sortie de son jeu afin d’enrichir d'autant son ambiance et rajouter une myriade de détails et d'effets dans les environnements pour les rendre plus vivants et impressionnants visuellement, c'est essentiellement au niveau de son gameplay que se ressent la principale évolution apportée par le jeu.
Longtemps critiquée sur la base de sa distinction avec ses autres concurrentes, en raison de son principe prônant le divertissement plutôt que la surenchère graphique, la Wii offre avec Metroid Prime 3 : Corruption une belle leçon d'humilité à ses détracteurs en raison de l'excellence de sa prise en main et du plaisir de jeu procuré par son concept exploitant dans son intégralité les fonctionnalités interactives à ce jour connues de la console. Plus qu'un simple jeu, Metroid Prime 3 : Corruption offre une expérience de jeu inédite, immergeant véritablement le joueur au cœur de l'action grâce aux commandes atypiques de la Wii. Mettant immédiatement le joueur à contribution par ses mouvements, reproduits en temps réel à l'écran par la chasseuse de primes Samus Aran, le jeu se pose ainsi davantage comme une formidable expérience interactive, faisant oublier l'aspect impersonnel et inerte ainsi que la froideur caractéristiques des jeux traditionnels.
Toutefois, et bien que la prise en main du jeu emporte une importante part de son intérêt premier auprès des joueurs, l’univers Space-opéra caractéristique de la saga Metroid y est également pour beaucoup dans son succès auprès de ses fans. Poursuivant l’intrigue inachevée à la fin de Metroid Prime 2 : Echoes, laissant le joueur dans l’expectative quant à la plausible survie de Dark Samus après son affrontement à la surface de la face sombre de la planète Ether (sous-entendue au travers de la fin cachée du jeu), Metroid Prime 3 : Corruption se déroule par conséquent quelques six mois après ces événements. Contactée par la Fédération Galactique afin d’enquêter sur les motivations dissimulées derrière l’intrusion des pirates de l’espace au cœur de son système informatique, la chasseuse de primes Samus Aran se voit ainsi confier la mission, aux côtés de trois autres chasseurs de primes, Rundos, d’enrayer le virus paralysant le réseau et d’en détruire la source. Surprise pendant l’exposé de la mission par une attaque des pirates de l’espace sur sa base principale, la Fédération Galactique dépêche par conséquent Samus et les autres chasseurs de primes à sa surface pour solutionner le problème. Alors qu’ils s’apprêtent à réactiver le système de défense, Samus et les autres se retrouvent confrontés à Dark Samus, ayant profité de la confusion générale et de la paralysie du système de la Fédération Galactique afin de lancer une vaste offensive à l’aide de météores composés de phazon.
Engageant le combat face aux chasseurs de primes, Dark Samus réussit à défaire ses quatre opposants, les infectant de son phazon. Sauvée grâce à l’intervention des médecins de la Fédération Galactique, Samus découvre que l’infection subie lors de son affrontement avec Dark Samus a corrompu son organisme, lui conférant à présent la faculté de générer du phazon. Equipée d’une combinaison exploitant l’énergie du phazon émis par son corps, Samus accède ainsi à une nouvelle puissance de feu, comportant cependant un risque majeur pour son organisme si jamais la corruption s’étendait trop profondément par un usage trop prolongé. Envoyée en mission à la surface des planètes corrompues par les graines de phazon, ayant germé et s’étant épanouies sous la forme d’organismes gigantesques, les Léviathans, afin de les détruire, Samus se voit également chargée de découvrir ce qui est arrivé aux autres chasseurs de primes, dépêchés avant elle à la surface des planètes infectées par les Léviathans et ne donnant depuis lors plus aucun signe de vie.
Ainsi qu’évoqué plus haut, et bien qu’il ne s’agisse pas du critère le plus évident à remarquer en observant le jeu, le principal point fort de Metroid Prime 3 : Corruption réside avant tout dans sa maniabilité hors du commun et son gameplay merveilleusement élaboré. Séduisant par son visuel fin, coloré et riche en détails, quoique creusant en définitive peu l’écart de prime abord avec le dernier épisode Gamecube déjà fort abouti à ce niveau, le jeu captive instantanément l’attention du joueur une fois les commandes en main. Merveilleusement intuitives dans leur concept et exploitant avec brio l’ergonomie de la Wiimote et du Nunchuk de telle sorte qu’elles finissent par se fondre naturellement dans la gestuelle du joueur, sans heurt, celles-ci jouent véritablement le jeu de l’interaction mise en avant précédemment par The Legend of Zelda : Twilight Princess, exploitant comme jamais les fonctions gyroscopiques des manettes afin de proposer une expérience de jeu extrêmement riche et captivante.
Changeant radicalement d’angle d’approche pour se rapprocher d’une certaine façon de la maniabilité PC, notamment de la souris au niveau de la gestion des déplacements du personnage, et assumant pleinement dorénavant son statut de First Personnal Shooter, Metroid Prime 3 : Corruption voit effectivement le viseur infrarouge de la Wiimote jouer le rôle du pointeur de la visière de Samus, cette dernière tournant par conséquent la tête en fonction du déplacement du viseur à l’écran pour s’orienter dans la direction pointée.
Abandonnant par conséquent au joueur une totale sensation de liberté dans l’observation de l’environnement alentour, cette gestion de la « caméra » par le joueur est complétée par la faculté de se mouvoir à l’aide du stick analogique du Nunchuk, permettant dès lors d’effectuer les habituels déplacements vers l’avant et l’arrière mais également latéraux. Nécessitant cependant une certaine coordination au niveau de ses mouvements pour s’orienter dans les premiers temps de jeu, cette combinaison de la Wiimote et du Nunchuk se révèle particulièrement efficace et convaincante une fois maîtrisée, étant donnée la sensibilité dont font preuve l’un et l’autre.
Outre cette refonte complète, et révolutionnaire, de l’appréhension générale des déplacements du personnage à l’écran, Metroid Prime 3 : Corruption offre également en sus pléthore d’occasions de prouver sa suprématie quant à l’expérience interactive qu’il propose. En effet, loin de se cantonner à cette évolution au niveau de la prise en main de Samus, le jeu met également à contribution le joueur en de multiples occasions, faisant là encore appel à l’étonnant panel de mouvements de la Wii. L’interaction avec le décor ayant été poussée à son paroxysme, le joueur se retrouve par conséquent en possession d’une multitude d’actions qu’il peut reproduire à l’écran via les mouvements de la Wiimote et du Nunchuk. Ainsi, il peut interagir avec des leviers et interrupteurs de toutes sortes, en effectuant en temps réel les gestes correspondant à leur activation. Qu’il s’agisse de tirer vers soi la Wiimote ou au contraire de l’approcher de l’écran dans un mouvement de pompage, de la faire tourner dans un sens ou l’autre des aiguilles d’une montre, de balayer l’écran de gauche à droite ou encore de lever horizontalement cette dernière voire de la redresser à la verticale, il est véritablement impressionnant de constater toute l’étendue des mouvements proposés au sein du jeu, et d’autant plus captivant d’en être l’acteur. Outre la Wiimote, le Nunchuk offre également son lot de mouvements pour les joueurs en mal d’actions. Ainsi, à défaut de permettre d’interagir directement avec les éléments du décor, comme c’est le cas avec la Wiimote, le Nunchuk offre au joueur la faculté de recourir au rayon grappin de Samus et de lancer celui-ci dans la direction souhaitée en effectuant un geste sec vers l’avant pour s’en saisir avant de le ramener d’un geste sec vers l’arrière. Plaques, débris, roches, crochets ou bien boucliers voire armure de défense d’un adversaire, l’utilisation du rayon grappin offre là encore de multiples facettes pour lesquelles le jeu met à contribution le joueur en de multiples occasions afin de prouver sa capacité à assimiler les possibilités offertes.
Faisant ainsi un temps soit peu appel à un quelconque esprit de logique et de réflexion, Metroid Prime 3 : Corruption voit également ses commandes se mettre au service du joueur pour « faciliter » son immersion au sein du jeu et ainsi offrir d’amblé la possibilité de se prendre au feu de l’action. C’est le cas notamment de la touche Z du Nunchuk activant le verrouillage de la cible. Alliée à la maîtrise des mouvements et déplacements du personnage à l’aide de la Wiimote et du Nunchuk, cette commande, qui permet également de suivre des yeux sa cible, insuffle in extenso aux combats une dimension épique et fantastique, qui n’a d’égale que l’intensité de l’affrontement. De même, et contrairement à la majorité des épisodes de la série Metroid, imposant au joueur de débuter chaque aventure démunie de capacités spéciales et de les acquérir au fur et à mesure de sa progression, Metroid Prime 3 : Corruption voit Samus immédiatement équipée de la plupart de l’équipement basique. Bien que les habituelles améliorations d’armes et de combinaison soient toujours présentes au cours de la progression, dissimulées à la surface des planètes explorées ou consécutivement à un duel face à un boss, le strict nécessaire fourni au commencement de l’aventure permet dès les premiers temps de jeu de profiter de la richesse du gameplay. Ainsi, outre la boule morph (touche C du Nunchuk), le saut/double saut (touche B de la Wiimote), le tir (touche A de la Wiimote) et le viseur scan (touche moins de la Wiimote), Samus gagne rapidement en capacité avec le tir missile (touche bas de la croix directionnelle de la Wiimote), les bombes (touche A de la Wiimote en boule morph), le rayon grappin (Nunchuk) et l’hypermode (touche plus de la Wiimote). A noter également que le viseur scan propose à présent de nouvelles fonctions, comme celle d’appeler le vaisseau de Samus afin de le déplacer sur les aires d’atterrissage découvertes à la surface des planètes explorées, celui-ci proposant en son sein également quantité d’éléments avec lesquels interagir.
Ô combien complet sur de multiples aspects de son gameplay, la réussite de Metroid Prime 3 : Corruption tient également compte de sa propension à offrir au joueur une aventure à la hauteur de sa réalisation époustouflante. Proposant de nombreuses cut-scènes, ponctuant et enrichissant régulièrement l’intrigue, le jeu met aussi à l’honneur quantité de séquences admirablement mises en scène, notamment les affrontements face aux boss. Puisant en sus dans l’étonnante variété d’actions et de mouvements mis à disposition du joueur, bénéficiant de l’excellence de la prise en main des commandes et de la fluidité de l’animation, ces joutes insufflent par conséquent au jeu une dimension fantastique particulièrement captivante, soutenue par ailleurs par une bande originale n’ayant pas son pareil à immerger le joueur en plein cœur de l’action. Le combat de Samus face à Meta Ridley, lors de leur chute dans les conduits du générateur, en est l’exemple le plus flagrant au commencement de l’aventure et évoquera à de nombreux fans une certaine scène du film Le Seigneur des Anneaux.
Surprenant sur de nombreux points, Metroid Prime 3 : Corruption se pose inéluctablement en référence absolue sur Wii en cette fin d’année et l’une des valeurs sûres de la console pour l’avenir. Doté d’une réalisation surprenante, d’une maniabilité exemplaire et d’une fluidité d’action exceptionnelle, le jeu incarne par conséquent un aboutissement certain en matière de divertissement et d’action. Proposant une difficulté accessible à tous grâce au choix du niveau de jeu (normal ou vétérans), ainsi qu’une endurance appréciable, le titre de Retro Studios conserve néanmoins le charme de la série, à savoir sa difficulté pour réunir toutes les informations via le viseur scan ou encore les améliorations d’équipements dissimulées ça et là, contentant ainsi les fans de la première heure. Véritable chef-d’œuvre d’immersion, eu égard l’excellence de la prise en main des commandes et par la multitude d’actions proposées au sein de son aventure, Metroid Prime 3 : Corruption offre à la série des Prime une fin grandiose et spectaculaire où l’action n’a pas son pareil pour combler le fan du genre.
Les points positifs
L’interaction poussée avec les commandes de la Wii (Wiimote et Nunchuk).
Les points négatifs
La sensibilité souvent excessive et dérangeante du viseur de la Wiimote dans les déplacements ou la visée à l’écran