Le précédent chapitre regorgeait déjà de qualités : un nombre hallucinant de personnages et de combinaisons, une vitesse de jeu impressionnante, un mode Histoire assez complet, etc… A l’annonce de Dragon Ball Z Budokai Tenkaichi 3, on aurait pu se demander par conséquent quelles innovations pourraient encore être ajouté à un tel jeu ? En dépit d’une démo jouable, peu représentative de l’évolution apportée par rapport au précédent volet, présentée lors du Tokyo Game Show, la surprise se révèle néanmoins de mise une fois la version définitive passée au crible, notamment au niveau de ses ajouts et améliorations, faisant singulièrement la différence avec son prédécesseur.
Introduit par un générique composé de scènes de combat en 3D entre les différents personnages emblématiques de la série, l’éditeur Spike renoue quelque peu avec une touche propre au premier épisode, si ce n’est l’absence remarquée du style dessin animé qui accompagnait celui-ci précédemment. Quant au thème musical, une fois de plus l’on retrouve le chanteur Hironobu Kageyama avec un nouveau tube déjà culte : Super Survivor.
Outre cet aspect nostalgique pour les fans, l’autre signature old school concerne plus à propos les modes de jeu. On retrouve ainsi entre autres la possibilité d’entrer un mot de passe pour sélectionner un personnage ou encore de consulter l’encyclopédie de ses héros, présentée par Chichi, laquelle se fera un plaisir de vous conter l’histoire du protagoniste sélectionné et de vous présenter ses différents costumes.
Quant aux réelles innovations apportées au jeu, les concepteurs ont particulièrement bien gâté les fans en leur proposant un large éventail de possibilités, notamment avec le nombre de personnages jouables. 161 personnages issus de l’univers de Dragon Ball répondent ainsi à l’appel dont une myriade de combattant(e)s inédit(e)s : Nam, Diableman, Chichi enfant, Piccolo Daîmao rajeuni, le robot de Pilaf et même Arale de Dr Slump. D’autres encore sont issus de Dragon Ball Z : le roi Végéta, le roi Cold, Babidi, Sporovitch, etc... Ou tirés des OAV, tels que Célipa, Dr Wello, ainsi que de Dragon Ball GT, tel que San Goku version rajeuni.
De plus, le graphisme a gagné en esthétisme et bénéficie désormais d’une caméra qui se rapproche des personnages afin de les mettre en valeur. Cela s’applique aussi pour les terrains, qui ont naturellement trait à l’œuvre de Toriyama, et qui proposent un visuel particulièrement soigné dans leur modélisation et leur composition, avec une quantité de détails (vaisseaux, bâtiments…). Concernant les enchaînements et les techniques d’attaque et de défense, le spectacle est au rendez-vous. Contrairement à la version précédente, ici vous aurez droit à des enchaînements plus personnalisés selon le choix de vos personnages, davantage de combos et de contres portés sur la téléportation, etc... Autant d’arguments pour épicer les combats.
Dans le mode Scénario, le Tenkaichi 3 suit plus ou moins la trame du manga ou de l’animée. Il vous sera impossible de vous transformer en gorille géant avec un saïyan si vous n’êtes pas sur un terrain de nuit avec la pleine lune (eh oui, il y a une notion de jour/nuit qui entre ici en compte). Pour les déplacements, il ne s’agit plus d’une carte du monde dans laquelle on se ballade. Cette fois-ci, on choisit un épisode en particulier, puis un résumé de l’histoire autour de cet épisode est proposé (un peu comme dans le premier Tenkaichi) avant d’entamer un combat.
Jusque-là ce n’est certes pas très original et pourtant… Après une brève cinématique d’introduction du combat, on débute avec une première surprise : les personnages principaux comme ceux au second plan dialoguent suivant l’histoire originale et il est possible de suivre la discussion grâce aux sous-titres pendant le combat. Vous entendez les protagonistes parler avec des répliques semblables au manga alors même que vous vous battez. Ensuite, il n’est pas rare que dans le manga plusieurs personnages affrontent les uns après les autres un même ennemi. Là aussi les développeurs ont fait fort. Au bout d’un certain temps ou d’un certain nombre de dommages, la touche R3 apparaît. Enfoncez-là et vous aurez le loisir de voir divers évènements selon les cas : un personnage qui se transforme, une scène particulière de l’animée etc.…
Ce qui revient à ancrer des scènes intermédiaires dans le combat, dotant ce dernier d’un réalisme assez prenant. Ces scènes de transition ne sont pas du niveau de celles du Dragon Ball Z Budokai premier du nom, mais elle dégage tout de même un certain charme et permet une durée allongée des combats comme lors d’évènements utilisant une technique finale destinée à vaincre l’adversaire (ex : le makankosappo de Piccolo contre Radditz). Il est possible d’avoir plusieurs fins à chaque épisode selon le protagoniste utilisé pour vaincre l’adversaire (accessible avec le bouton R3). Toujours en parlant de réalisme, les sommités et leurs techniques sont parfois différents selon l’époque (comme Sangoku qui existe en plusieurs versions : enfance-Dragon Ball, début Dragon Ball Z, saga Freezer-Cell, saga Buu et rajeuni-Dragon Ball GT) et il est impossible de se transformer n’importe comment pendant des périodes ou des situations qui ne le permettent pas.
Quant aux différences de force entre les personnages, elles sont bien respectées vis-à-vis de l’épisode choisi, se traduisant parfois par des dégâts moindres voire nuls envers un adversaire de réputation légendaire (ce qui est valable pour Radditz ou encore Hildegarne en début de combat). Ce mode « Scénario » reprend l’histoire de Dragon Ball à Dragon Ball GT en passant par les OAV mais malheureusement dans un ordre un peu particulier : épisode saïyan – saga Freezer ou OAV (au choix) – saga Cell – saga Buu – Dragon Ball GT – Dragon Ball – épisodes particuliers de Dragon Ball. Le fan s’y retrouve aisément mais celui qui ne connaît pas l’œuvre d’Akira Toriyama aura bien du mal à saisir le fil de l’histoire. C’est bien dommage car mêlé au gameplay de ce mode, cela aurait permis aux néophytes de l’univers de Dragon Ball de s’y initier. De plus, il est regrettable de constater qu’il manque certains épisodes à la base, ce qui donne un sentiment d’histoire incomplète. Avec le nombre conséquent de personnages présents dans le jeu, cela aurait logiquement dû être possible… mais non. Résultat : pas de combat contre les saïbaman dans la saga saïyen, on commence la saga Freezer contre Reccom, on oublie le tournoi de la période Buu…
En finalité, il faudra plus d’une dizaine d’heures de jeu afin de compléter le scénario à 100% (sans forcément avoir fait toutes les fins d’épisodes compte tenu de la difficulté à partir du mode « Normal »). Mais cela ne sera pas suffisant pour ce mode car c’est en détruisant les décors (bâtiments, rochers, voitures, vaisseau de Freezer dans l’espace…) que l’on peut trouver des Dragon Ball (ou boules de cristal) obtenues en remportant un combat. Acquérir sept boules de cristal peut s’avérer plus qu’utile puisqu’en invoquant le dragon, on peut obtenir de l’argent, des capacités, des terrains voire des nouveaux personnages en faisant un vœu. C’est un principe que l’on connaissait bien depuis les anciens épisodes mais il y a ici une particularité : le dragon que vous invoquez est à chaque fois différent : Shenron, le dragon vert que l’on a l’habitude de voir ; Porunga, le dragon de la planète Namek qui vous proposera 3 vœux (donc 3 éléments à débloquer d’un coup) ainsi que le dragon rouge, premier shenron à avoir été crée sur terre (qui d’ailleurs propose la modique somme de 50 000 zenis). Chaque dragon propose bien sur ses propres « souhaits ».
Telle est la question ! Il y en a bien un en effet. On peut ainsi retrouver dans le mode Combat Ultime plusieurs options telles que « Dragon Sim » dont le principe est de choisir un personnage, de le perfectionner par des entraînements, des rencontres (Chichi, Bulma, Karine, Mr popo et leur mini jeux,…) et du repos pour qu’au bout de 10 jours, il puisse affronter un adversaire de même niveau. En remportant le match, vous augmentez votre niveau et gagnez par la même occasion une étoile. Il vous est dès lors possible de renouveler l’opération jusqu’à acquérir 7 étoiles (bien sur, vos adversaires seront à chaque fois de plus en plus fort).
Il y a aussi l’option « Mission 100 » : on vous présente un pool et vous devez les vaincre avec vos équipes, à cela près qu’à chaque fois on vous impose des conditions afin de former votre groupe (2 personnages, ou encore 15 DP maximum,…). Des pages de défi (20 au total) sont déblocables dans le mode précédent en rencontrant Bulma. Quant à la quatrième option, « Disque fusion » : elle permet de débloquer certaines choses si l’on possède les anciens Tenkaichi. Dans cet ordre d’idée, si la carte mémoire contient des données des anciens jeux, cela vous donnera la possibilité de débuter la partie avec une grande panoplie de personnages.
Autre nouveautés : les duels ne sont plus uniquement en « 1 contre 1 » ou en « 5 contre 5 » mais on peut choisir par exemple de faire du « 2 contre 2 » ; autrement dit la liberté pour les équipes est maintenant plus ample. Vous aurez aussi la possibilité de sauvegarder un replay du match en cours (si la durée n’est pas trop longue sans quoi il s’arrêtera au bout d’un certain temps).
Ce n’est pas fini ! Eh oui, dans les surprises on a le mode « Tour du monde ». Lorsque vous y entrez, vous verrez une sorte d’horloge qui n’est pas là que pour faire joli : à chaque fois que vous retournerez au menu principal puis reviendrez, l’heure aura avancée, tout comme lorsque vous gagnez ou perdez un tournoi. La raison ? Selon les heures, vous aurez accès à un tournoi différent ! De plus, selon la période, le niveau proposé celui-ci sera aussi différent. Voici donc un explicatif des cinq tournois disponibles :
Championnat : la particularité du tournoi des arts martiaux est la présence d’un ring (avec possibilité de hors ring). Sachez que les murs autour de la zone de combat comptent comme hors-ring (à l’image de la défaite de Sangoten dans le manga). Cela a pour objectif de restreindre les charges vers l’adversaire ainsi que les enchaînements. Les finalistes sont Tourtue géniale ou Videl selon les heures.
Le Grand Tournoi : pas de ring ici, c’est un tournoi à terrain aléatoire mais qui est toujours de nuit. Ainsi, les saïyan ont la possibilité de se transformer en gorille géant. De plus, c’est Mr Satan, le champion du monde en titre qui sera en finale.
Le Cell Game : le tournoi organisé par Cell est sûrement un des plus redoutable, notamment au niveau 3 car sur les cinq matchs (avec Cell parfait en final), votre personnage ne récupère quasiment pas de vie.
Le Tournoi de l’au-delà : il se déroule au paradis et n’est pas évident parce que d’une part le niveau y est parfois élevé et d’autre part en final vous aurez le plus souvent à affronter le redoutable Paulkuan voire Sangoku super saïyan 3.
Le Tournoi de Yamcha : le roi du désert vous convie à un tournoi des plus loufoques : votre niveau, votre personnage, sa transformation, son costume, ses modifications et le terrain sont choisis de façon aléatoires sans que vous puissiez les changer, et il faut remporter la victoire dans ces conditions (avec évidemment Yamcha comme finaliste).
Soulignons quand même qu’une fois la vcitoire acquise, on récupère de l’argent (suivant le niveau du tournoi), parfois des boules de cristal et également certains personnages (Sporovitch, Célipa, le roi Cold, Cyber Tao Paï Paï et le Roi Végéta. Par ailleurs, au début de chaque match du mode « Championnat », vous apercevez des spectateurs digne de l’animée ce qui change des simples pixels colorés grossiers auxquels on avait droit dans les précédents opus. Il est toujours possible de choisir son tournoi de façon « libre », sans prime afin de s’exercer.
Comme si cela ne suffisait pas, on remarque plusieurs autres petits « plus » : alors qu’avant chaque personnage n’avait qu’une seule combinaison de modifications possible, on en dénombre à présent trois pour chacun ! Ce qui signifie qu’il est possible de modifier son héros favori de trois manières différentes par assortiment de capacités (représentées par des boucles d’oreilles potara) et choisir l’un de ces trois assortiments lors du choix du personnage. De plus, il n’est plus indispensable d’acheter un nombre croissant de capacités puisque une même capacité achetée peut à présent s’attacher à plusieurs protagonistes. Sur la question des capacités, chaque individu dispose de trois emplacements de potara et c’est en versant de l’argent que l’on peut lui libérer d’autres emplacements. Autant dire que vous allez y passer beaucoup de temps avant d’en voir le bout. On note aussi l’absence de verrouillage manuel qui fait place à un verrouillage automatique (même si cela n’est pas toujours pratique lors des « Rush »), tout comme une caméra pas toujours très maniable (pas souvent dérangeante non plus mais on aurait pu espérer une meilleure gestion). Il faut dire qu’une petite demi-heure de jeu est nécessaire pour bien prendre en main la maniabilité. Heureusement, le mode « Entraînement » est toujours présent, fidèle au poste avec un entraînement libre ou un didacticiel. Enfin, il est bien plus rare de réaliser une technique qui enclenche une cinématique de destruction de planète, c’est regrettable car ces belles scènes sont toujours agréables à regarder surtout quant elles sont précédées d’une attaque finale. C’est au final un jeu pour lequel on entrevoyait difficilement de l’amélioration mais pourtant nous ne pouvons qu’être bluffés par le lot d’innovations qui sont apportées dans ce troisième volet.
Les points positifs
Une prouesse graphique qui rend hommage à DBZ.
Les points négatifs
Episodes manquants au mode Scénario.