Après s’être imposé sur le marché des STR avec la saga des Warcraft et l’excellent Starcraft, puis en créant le Hack & Slash avec le légendaire Diablo, Blizzard Entertainment avait dévoilé en 2001 son désir de se lancer dans les MMORPG, genre plutôt neuf mais très prometteur à l’époque. Discrètement, le développement de World of Warcraft (WoW) se poursuit pendant plusieurs années, et après des intrusions de plus en plus fréquentes dans les salons, le jeu apparaît enfin dans les rayons en février 2005. Poudre aux yeux ou bombe atomique ? En avant pour le test !
Le monde crée par Blizzard dans le premier Warcraft est encore et toujours en conflit : quatre ans après leur dernier combat au pied de l’arbre de vie (mission finale de Warcraft III), qui a permis d’arrêter Archimonde, et qui a coûté aux elfes de la nuit leur immortalité, l’alliance provisoire entre les grandes races Orc, Humaine, et Elfe est rompue, et le vent porte à nos oreilles le son des tambours de guerre. Entretemps, les 2 camps ont reçu le renfort d’autres races : les Nains et les Gnomes ont rejoint Humains et Elfes de la nuit dans l’Alliance, tandis que les Réprouvés, des morts-vivants opposés au fléau (le grand ennemi de Warcraft III), les Trolls et les Taurens ont rejoint la Horde menée par les Orcs dont le chef est Thrall. Le cadre étant posé, Blizzard nous gratifie d’une cinématique comme toujours magnifique avant de nous propulser directement au combat.
Premier choix crucial : celui du type de serveur. En effet WoW propose aux joueurs, quatre types de serveur : JcJ, joueur contre joueur, où il est possible de se taper dessus entre « Hordeux » et « Allianceux » dans les zones contestées (il existe trois types de zone : sûres, contestées et neutres ; le full JcJ n’est autorisé que dans les zones contestées). Le JcE, joueur contre environnement, où le joueur peut remplir ses quêtes tranquillement sans risquer d’être attaqué : pour entrer en combat, il devra activer son « flag », qui lui permet de taper sur les autres mais cela le rend également vulnérable à l’attaque ennemie : à utiliser avec parcimonie (Le système fait penser à Diablo II, où il était nécessaire que l’ennemi accepte de se faire frapper avant de combattre). Enfin, les plus techniques JdR et JdR JcJ, variantes des serveurs JcJ et JcE où RP et politesse sont de mise : à réserver aux amateurs. Le choix le plus simple pour un débutant est sans conteste le serveur JcE, qui permet d’accomplir ses quêtes tranquille sans pour autant reculer devant un peu de JcJ de temps en temps.
Une fois le choc de la cinématique passé et le choix du serveur effectué, vient le passage crucial où le joueur doit choisir son camp puis son avatar. Le choix du camp ne regarde que vous (même si les Gnomes de l’alliance sont franchement ridicules, et que la Horde, c’est celui recommandé), passons donc au stade de la création du personnage. Première constatation : le nombre de races et de classes disponible est assez limité ; avec huit races et neuf classes (sept communes, un spécifique à chaque camp : Chamans pour la Horde, Paladins pour l’Alliance) relativement « classiques », WoW met en avant la simplicité (Par exemple, avec quinze races et vingt-sept classes, Dark Age of Camelot proposait un large choix). Votre avatar est bien évidemment personnalisable, et les options disponibles sont suffisamment nombreuses pour obtenir un résultat satisfaisant bien que parfois esthétiquement contestable. Un héros vient de naître, veuillez vous saisir de votre épée de bois et continuer au paragraphe suivant.

Afin de nous immerger dans l’aventure, on vous propose de suivre les pérégrinations de Marcel, guerrier gnome de son état, qui a choisi un serveur JcJ. Dès son arrivée dans WoW , Marcel a le sentiment agréable de ne pas être perdu comme à l’accoutumée lorsque l’on commence un MMO : sa minimap lui indique les PNJ, ceux qui donnent des quêtes sont signalés par un point d’exclamation et apparaissent en doré sur la carte, d’ailleurs très lisible, quand l’objectif est rempli. Les récompenses des premières quêtes sont variées, argent, XP ou équipement pour toutes les classes permettent de démarrer sans trop d’effort, et Marcel est bien content de remplacer son gilet en lambeaux par un veston en peau de loup du plus bel effet.

De surcroît, Le journal de quêtes est lui aussi très bien conçu, et Marcel, lorsqu’il a fini toutes celles du lieu où il se trouve, est dirigé vers la zone suivante : bien pensée, la trame des quêtes l’amène à découvrir Azeroth tout en y gagnant de l’expérience, et il en sera de même jusqu’au niveau 60 (niveau maximal). Notons le soin apporté par Blizzard pour rendre son monde persistant le plus immersif possible, usant du background déjà fourni par Warcraft avec brio, et ne manquant pas d’insérer de nombreuses touches d’humour et références. Il ne sera pas nécessaire d’abattre des hordes de monstres innocents (ou pas) sans la moindre raison d’accroître son niveau : remplir les quêtes des différentes zones suffira, et apportera de l’argent et de l’équipement en bonus.
Les premières minutes de jeu s’étant bien passées, Marcel dit adieu à sa zone de départ, proche de la capitale, pour prendre la route vers celle-ci : la transition se fait de façon transparente, sans lui donner l’impression d’y être contraint. Jusqu’au niveau 10, le jeu semble tourné comme un grand didacticiel qui permet de découvrir les capacités, encore limitées, qui sommeillent en Marcel. Plus tard, son instructeur lui confiera des quêtes spécifiques qui lui permettront de mieux comprendre sa classe. On appréciera cet aspect didactique qui traduit fort bien la volonté de simplicité du développeur. A partir du niveau 10, Marcel, qui a déjà été familiarisé avec les mécanismes basiques du jeu, se voit attribuer un point de compétence ; celui-ci se place dans l’arbre de talents, spécifique à chaque classe, qui permet au joueur de personnaliser ses aptitudes pour plus d’efficacité ou simplement afin de l’adapter à son style de jeu. L’arbre comporte trois branches, et un système de pré requis pour obtenir l’accès à certaines aptitudes. Au niveau 60, Marcel disposera donc de 51 points, largement assez pour se spécialiser à fond dans une branche ou choisir la polyvalence (pas toujours efficace).
Rapidement, Marcel pourra choisir jusqu'à deux professions d’artisanats principaux et plusieurs secondaires : par exemple, en principal, il pourra devenir forgeron et créer ses propres armes et armures ; pour cela, il aura besoin de minerai qu’il collectera en choisissant la profession de mineur, complémentaire. Il aurait tout aussi bien pu devenir alchimiste, enchanteur ou couturier. De plus, vous aurez le choix d’un vaste panel de professions secondaires : pêcheur ou secouriste pendant vos loisirs, à vous de voir. A plus haut niveau, il faudra récupérer des patrons et divers ingrédients sur les monstres pour fabriquer des objets de qualité utiles pour votre avatar ou pour d’autres classes : les interactions entre les professions sont nombreuses et rendent le système attrayant.
Aux alentours du niveau 18, Marcel se promène dans la Marche de l’Ouest et y croise Dubitshu, un tauren dont le nom apparaît en rouge : il s’agit d’un membre de la horde, et son premier combat s’annonce ! Quelques secondes plus tard, Marcel se retrouve au cimetière : il n’a pas encore la maîtrise de l’aspect JcJ de WoW. Si le JcJ « sauvage » se résume à des escarmouches entre joueurs dans les zones contestées, il existe des champs de bataille prévus à cet effet (implantés dans le jeu au bout de quelques patches). Il s’agira de remplir des objectifs tels que ramener le drapeau adverse, capturer et défendre des points, ou tuer un PNJ adverse dans une joyeuse empoignade à 40 contre 40.
Remporter la victoire dans les champs de bataille permettra à Marcel de gagner des points d’honneur et des marques, qui serviront à acheter un équipement spécifique au JcJ. Cependant, les challenges proposés étant peu nombreux, Marcel risque de s’ennuyer à force de répéter toujours les mêmes batailles : un peu « délaissé » par Blizzard, le JcJ s’avère décevant vis-à-vis de l’aspect JcE qui a eu la préférence des développeurs. Peu importe, Marcel doit explorer les Mortemines afin d’y trouver et d’y pourfendre le vil VanCleef, Boss du donjon et objectif de la quête : il va donc devoir trouver des compagnons et se lancer dans son premier défi JcE.
Si l’aventure amène Marcel à accomplir de nombreuses quêtes en solo, l’aspect social de WoW se retrouve, comme dans tout MMORPG, dans le groupe : les aventuriers devront unir leurs forces pour accomplir des objectifs inaccessibles pour le joueur solitaire (par exemple, les quêtes qualifiées d’ « élite » nécessiteront un groupe). Composée de cinq joueurs au maximum, la troupe que Marcel a rejointe est suffisante pour terminer un donjon de petit niveau ; il pourra partager ses quêtes avec ses compagnons. Cependant, lorsqu’il aura atteint le niveau 60, il devra relever de nouveaux défis plus complexes qui nécessiteront un groupe de raid : comportant jusqu'à quarante joueurs sous la direction d’un Raid leader, cette petite armée devra faire preuve de discipline et d’organisation pour prétendre défier les plus gros monstres, tels qu’Onyxia, mère du vol noir ou Ragnaros, le seigneur du feu, qui détiennent des objets de grande puissance suscitant toutes les convoitises.
Les challenges sont variés, et la cohésion est indispensable pour les relever, sous peine de finir au cimetière : le système de guilde est présent dans WoW, permettant aux joueurs de se regrouper afin de partager leur vision du jeu, de profiter d’un canal de guilde et d’une renommée commune pour leurs exploits. Il est possible d’afficher son appartenance à une guilde en portant son nom et son tabar, et Marcel est très fier de sa tunique rose arborant une patte de lapin.
A la fin de sa journée, Marcel retourne vers sa capitale : Forgefer. Il va vendre ses objets inutiles au marchand, et en profite pour réparer, moyennant quelques pièces, son équipement (si mourir contre des monstres n’est pas pénalisé, dans WoW, par une perte d’expérience, l’équipement du joueur se dégrade à chaque décès, le forçant à réparer celui-ci sous peine de se retrouver à combattre en short et à main nues). Une icône est apparue a côté de sa minimap : il a reçu du courrier. Le système de courrier avec objet joint, pratique, lui a permis de recevoir dans l’heure l’épée qu’il avait commandée à un forgeron de sa guilde.
Enfin, il se rend à l’hôtel des ventes pour mettre aux enchères la magnifique robe bleue qu’il a gagnée aux dés dans les Mortemines (le système d’enchères est simple d’utilisation et permet aux joueurs de vendre à ceux qui en auraient besoin les objets précieux, plutôt que de les vendre au marchand). Fourbu, il se rend à l’auberge pour s’y reposer et se déconnecter ce qui lui octroiera un bonus d’expérience doublée lorsqu’il reviendra : une idée qui aide bien les joueurs à monter de niveau même après plusieurs jours d’absence.
Blizzard Entertainment marque son entrée dans le monde des MMORPG en frappant un grand coup : reprenant les points forts de la plupart des MMORPG déjà présents sur le marché sans pour autant compliquer son gameplay, riche et très intuitif, WoW séduira les novices du MMORPG dont la progression sera aisée tout comme les fans des STR Warcraft qui retrouveront l’histoire et l’humour présents dans la saga. Les Hardcore Gamers seront certainement déroutés dans un premier temps, habitués à la complexité et à l’élitisme dans les MMORPG, mais trouveront certainement leur bonheur à haut niveau où stratégie, discipline et cohésion sont indispensables pour relever les défis JcE.
Toutefois, on regrettera la pauvreté de l’aspect JcJ, et le lag, omniprésent sur les serveurs comportant de nombreux joueurs. Au final, le titre de Blizzard innove peu mais se pose, grâce à une réalisation sans faille et un gameplay très bien pensé, en nouvelle référence du MMORPG ; reste à voir si les patchs à venir corrigeront les quelques défauts d’un jeu qui nous à déjà scotchés pour un bon moment … d’ailleurs on vous laisse, on a des Murlocs sur le feu.
Les points positifs
La richesse du background de Warcraft
Les points négatifs
Le graphisme très cartoon, qui ne plaira pas forcément à tous.