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  • Castlevania : Portrait of ruin
  • Genre : Aventure/RPG
  • Rédigé par Sora
  • Le 08/02/07 à 13h12
  • Testé sur DS
  • PEGI : 12 ans et +
  • Développeurs : Konami Digital Entertainment
  • Disponibilité :

    Quelques vingt ans après son apparition sur MSX 68000 puis NES, et une formule qui n’a guère dépareillé au fil de la succession d’épisodes que compte sa chronologie depuis lors, Akumajô Dracula, aka Castlevania en occident, nous convie une fois encore, au travers de son dernier chapitre en date, disponible sur Nintendo DS, Castlevania : Portrait of Ruin, à l’éternelle lutte opposant les membres de l’illustre famille Belmont aux forces des Ténèbres emmenées par le sinistre comte Dracula. Sauf qu’en guise d’époque sombre, généralement médiévale, celui-ci nous plonge en plein cœur de la Seconde Guerre Mondiale.

    Une recette à l’identique ?

    Fier d’un premier volet, sur Nintendo DS, acclamé à sa sortie par les critiques, puisqu’outre le fait qu’il poursuive les aventures du jeune Soma Cruz, héros du précédent volet sur Game Boy Advance, celui-ci se targuait d’offrir aux joueurs une toute nouvelle forme d’expérience de jeu, bénéficiant de l’interactivité proposée par le double-écran de la console portable de Nintendo, notamment à travers l’usage du stylet, Konami tente aujourd’hui de réitérer la performance avec Castlevania : Portrait of Ruin, toujours sur Nintendo DS.

    Bien que le jeu se révèle de prime abord plus impressionnant graphiquement que son aîné, ainsi qu’en termes d’animation, force est de constater une fois le jeu en main que nombre d’atouts qui ont fait le succès du précédent chapitre ont ici été délaissés au profit de nouveaux, plus ou moins décriés. En premier lieu, l’utilisation du stylet est à présent reléguée au second plan, ce dernier n’intervenant plus au cours des combats comme au cours des affrontements au sein de Castlevania : Dawn of Sorrow où celui-ci permettait d’infliger le coup fatal à votre ennemi, enfermant ainsi son âme, en dessinant selon le motif affiché à l’écran. Il n’a dorénavant plus d’autres vocations que celle de vous permettre de naviguer entre les menus d’inventaire, compétence qui sied également à la croix multidirectionnelle. Première déconvenue donc, excepté peut-être à ce niveau en ce qui concerne l’un des bonus du jeu imposant le recours au stylet pour porter ses attaques.

    Image du jeu Image du jeu Image du jeu

    Ensuite, et bien que cela fasse figure de référence au sein de chaque volet de la série, on ne peut que regretter un certain manque d’originalité en ce qui concerne les boss présents tout au long de votre progression (Franken, Death, Légions, Dullahan, Béhémoth), ceux-là même que vous affrontiez dans les épisodes précédents, dans les mêmes conditions et portant les mêmes attaques, à quelques détails près. Mention spéciale cependant à certains d’entre eux qui ont parfaitement su « évoluer » pour proposer un challenge renouvelé (Loup-garou, Méduse) et aux clins d’œil faits à Dawn of Sorrow çà et là. Il est également appréciable de constater le retour de nombreuses créatures «oubliées» du bestiaire de Castlevania ainsi que leur nouvelle silhouette allant de paire, même si la majorité d’entre elles, au demeurant, font partie des classiques de la série.

    Un graphisme irréprochable ?

    Image illustration

    Ainsi on se rend compte dès les premiers instants de jeu que Portrait of Ruin entend placer la barre plus haut que son aîné en ce qui concerne l’aspect graphique et l’animation, et ce ne sont pas les vidéos ou les screenshots disponibles qui viendront contredire cela. Cependant, si l’on peut saluer l’admirable travail graphique effectué sur la modélisation des personnages, il n’en est cependant pas de même en ce qui concerne leur rendu lors des dialogues intervenant de temps à autre au cours du jeu pendant lesquels ces derniers apparaissent à l’écran sous forme d’artworks.

    Contrairement aux œuvres très empreintes d’un style gothique, habillant les précédentes productions, estampillées Ayami Kojima, le style manga, récurrent depuis Castlevania : Aria of Sorrow, dessert ici en partie la crédibilité de certains protagonistes du jeu, et notamment Dracula malheureusement. Nintendo DS oblige, les effets visuels ainsi que les décors affichés à l’écran se révèlent fort heureusement magnifiques, sublimant l’écran inférieur de la console portable. De même, la conception des décors sur différents plans et les quelques effets 3D présents occasionnellement tant en arrière-plan qu’au niveau des ennemis, voire des attaques, renforcent d’autant la sensation de profondeur du jeu.

    A nouvelle aventure, nouveaux protagonistes

    Image illustration

    Pareillement à l’aventure précédente, la progression au sein du jeu s’affiche sur l’écran du bas de la Nintendo DS, l’écran du haut se contentant de vous fournir les informations relatives à la carte du niveau ou encore aux caractéristiques personnelles du protagoniste sélectionné par simple pression sur le bouton SELECT, le menu d’inventaire se soustrayant à l’écran de jeu en cours de pause. Contrairement aux épisodes précédents se bornant à vous convier à l’aventure sous l’égide d’un seul et unique protagoniste, Portrait of Ruin change ici la donne en vous proposant la faculté de diriger simultanément deux personnages, nouveaux venus dans l’univers de la série, et chasseurs de vampires de surcroît : Jonathan Morris et Charlotte Orlin.

    Si le premier personnage fait évidemment référence à la famille Morris, présente au sein de certains chapitres de la série tel Castlevania : Circle of the Moon, disponible sur Game Boy Advance, le second en revanche est totalement inédit. Descendant de la famille Morris, Jonathan a par conséquent reçu en héritage le lourd tribut de protéger l’humanité des forces des Ténèbres, et pour cela il est le détenteur du légendaire fouet Vampire Killer.

    S’interrogeant sur les origines de l’arme, Jonathan ne cesse de renâcler dans son esprit quels liens le rattachent à la famille Belmont, originairement détentrice du fouet, redoutant de ne pas être à la hauteur de la tâche qui lui incombe malgré l’arrogance qui le caractérise. Charlotte Orlin quant à elle se révèle être une puissante magicienne, amie de Jonathan, et qui l’accompagne dans sa mission le confrontant aux forces du Mal.

    1944. Alors que la guerre fait rage, déchirant le monde, Castlevania, le légendaire château de Dracula reparaît. Averti par un moine, Jonathan se rend sur place afin d’enquêter sur les raisons qui ont fait que celui-ci reparaisse, accompagné de Charlotte. Découvrant que les forces des Ténèbres sont une fois de plus à l’œuvre au sein de l’enceinte du château, Jonathan et Charlotte ne tardent cependant pas à identifier la source de cette agitation.

    Il s’agit de Brauner, un illustre peintre mondialement connu pour ses tableaux, lequel cherche à s’approprier les pouvoirs des Ténèbres pour sublimer son œuvre. Entouré de ses deux filles, Stella et Lorreta, ce dernier s’est ainsi mis en quête d’invoquer Castlevania pour y élire domicile, cela afin de transcender son art.

    Image du jeu Image du jeu Image du jeu

    De l’autre côté du miroir

    Image illustration

    S’agissant d’un peintre, Brauner a par conséquent réuni l’ensemble de ses toiles au sein du château, lesquelles s’ouvrent sur divers lieux du monde, renfermant chacun une fraction du pouvoir des Ténèbres. Ainsi, contrairement aux précédents volets de la série, vous confinant généralement à l’enceinte du château, le jeu vous propose cette fois d’explorer diverses régions du monde, à la manière de Castlevania : Bloodlines, en passant de l’autre côté du miroir, traversant respectivement chacun des tableaux peints par Brauner, afin d’y vaincre les forces obscures à l’œuvre. Angleterre, Allemagne, Egypte figurent ainsi parmi les lieux à visiter, en sus bien évidemment des innombrables couloirs du château qu’il vous faudra explorer de fond en comble dans l’espoir de découvrir les dits tableaux correspondants, disséminés çà et là.

    Si l’ambiance et le bestiaire se réfèrent indéniablement au cadre visité, force est de reconnaître qu’outre le soin dont ont bénéficié les décors, les compositions musicales soutenant la progression du joueur en leur sein contribuent grandement à insuffler au jeu une dimension d’autant plus fantastique, s’inscrivant pour la plupart dans le classicisme des thèmes rencontrés précédemment. Composée par Yuzo Koshiro et Michiru Yamane, la bande originale du jeu se veut par conséquent dans la grande tradition du genre avec des thèmes graves, entraînants, dénotant d’une ambiance gothique, classique et à la fois baroque.

    En outre, s’il convient d’apprécier une fois encore la qualité de la performance sonore de la Nintendo DS en ce qui concerne la bande-son du jeu, cela serait sans compter la richesse et la diversité des dialogues et bruitages ponctuant l’aventure. A défaut de proposer de multiples effets acoustiques, lesquels se révèlent cependant fort réussis malgré leur discrétion, Portrait of Ruin met en effet davantage l’accent sur les voix et dialogues présents au sein de l’aventure, afin de parfaire la dimension manga omniprésente au niveau de la mise en scène de l’histoire, pareillement à Dawn of Sorrow. Qu’il s’agisse de vos adversaires ou des protagonistes, le titre compte à lui seul quelques 252 voix enregistrées du plus bel effet et magnifiquement diffusées par les haut-parleurs de la console, même s’il est vrai que l’on s’étonne à regretter l’absence du hurlement caractéristique de l’armure lance-haches. On ne peut en effet remettre en question l’admirable travail de doublage réalisé par les seiyû.

    « Quand on n’est pas Dieu, faut être deux »

    Image illustration

    Ainsi qu’évoqué précédemment, Portrait of Ruin possède la particularité, contrairement à ses aînés, de placer le joueur dans le rôle de deux chasseurs de vampires, aux aptitudes au combat différentes, et simultanément de surcroît. Bien que le gameplay basique emporte quantité d’éléments récurrents à la saga tel que l’usage d’armes secondaires en plus du fouet, dans le cas de Jonathan, le mouvement d’esquive en arrière ou encore le saut, de nombreuses améliorations et évolutions sont toutefois à relever, nécessitant cependant de votre part que vous collectiez auparavant les reliques leur correspondant. La première d’entre elles est bien entendu la possibilité de changer de personnage en cours de jeu, à tout moment, en appuyant sur la commande X.

    Si cela peut s’avérer utile dans certaines situations, la magie de Charlotte se révélant parfois plus efficace contre un type d’adversaires plutôt que la force physique caractérisant Jonathan, il vous est en outre également possible d’invoquer en même temps à l’écran les deux protagonistes par simple pression du bouton A, auquel cas le personnage « secondaire » vous assistera en tant que soutien pendant les combats et vous suivra tout du long de votre progression jusqu’à ce que vous le « rappeliez ». Cependant, loin d’être totalement autonome, ce dernier pourra se voir intimer des ordres tels que s’immobiliser, dans le cas où vous auriez besoin d’activer deux interrupteurs distants, ou bien déclencher une attaque spéciale, selon celle que vous lui aurez attribué, voire combinée. En outre, en cas de besoin, il vous est toujours envisageable d’intervertir les deux personnages.

    Image du jeu Image du jeu Image du jeu

    Bien que les deux protagonistes se complètent au niveau de leurs actions respectives, ces derniers partagent cependant les mêmes jauges de vie et de magie, nécessitant par conséquent de votre part la plus stricte vigilance en combat pour ne pas vous faire surprendre. A l’instar des différents épisodes successifs depuis Castlevania X : Symphony of the Night, l’équipement mis à votre disposition vous permet de gérer à votre convenance les caractéristiques et l’armement de chacun des deux héros. Si certains objets se révèlent communs aux deux partenaires, d’autres en revanche leur sont spécifiques, notamment les armes secondaires, Charlotte employant des sorts de magie, Jonathan préférant les armes blanches. A la manière des âmes de vos adversaires dans Aria of Sorrow et Dawn of Sorrow, la plupart des objets de l’inventaire se récupèrent aléatoirement sur vos adversaires, les autres pouvant être acquis directement auprès de l’échoppe tenue par le moine Vincent au sein du château, moyennant finances, là encore obtenues auprès des monstres vaincus.

    L’intérêt du mode Wi-Fi

    Image illustration

    Relativement difficile, la collecte de tous les objets de l’inventaire représente par conséquent un important défi au sein du jeu, fort heureusement pallié par la possibilité pour le joueur de les acquérir grâce au Shop Mode lui permettant de consulter les objets mis à sa disposition par les autres joueurs via le mode Wi-Fi. En effet, à l’instar d’un magasin en ligne, Portrait of Ruin gère également par l’intermédiaire de la Nintendo Wi-Fi Connexion et du réseau sans fil l’échange et la vente d’objets entre joueurs, à raison de 4 connectés simultanément au sein de la même enseigne. Laissés à l’appréciation du tenancier de la boutique virtuelle, les tarifs, de même que l’accès à cette dernière, autorisent par conséquent une liberté de commerce totale. En outre, les acquéreurs désireux de mettre la main sur un objet précis peuvent, s’ils le souhaitent, émettre une requête auprès des marchands afin de leur demander s’ils possèdent l’objet convoité et à quel prix.

    En effet, la restriction du nombre d’exemplaires étant fixée à 9, en sus de la difficulté à les obtenir, chaque joueur se retrouve donc seul maître de décider quel article mettre en vente en ligne et en quelle quantité. Outre le Shop Mode, Portrait of Ruin offre également la possibilité jusqu’à deux joueurs de jouer en coopération grâce au Co-op Mode. Abandonnant à chaque joueur le choix de son partenaire de jeu, parmi une liste d’amis ou autre, l’aventure proposée en ligne ne permet cependant pas de revivre à deux le scénario principal, se contentant uniquement de vous transposer dans le niveau de votre choix en vue d’exécuter diverses missions aux objectifs variés.

    Loin de poursuivre sur la voie dans laquelle s’est engagé Dawn of Sorrow, Portrait of Ruin apporte cependant son lot de surprises en tout genre, faisant profiter le joueur de l’expérience de l’équipe à son origine pour vivre une aventure exceptionnelle, dans la lignée des meilleurs épisodes de la série, même si quelques détails çà et là sont matière à reproches. Proposant une animation particulièrement impressionnante de fluidité, de même que des boss colossaux, une intrigue passionnante et une durée de vie conséquente, le jeu se targue en sus d’offrir aux fans de la série quantité de clins d’œil et de modes bonus, ajoutant d’autant d’intérêt au titre. Sans toutefois éclipser les volets cultes de la saga, en raison de l’impression de déjà vue commençant à se faire ressentir, le jeu se hisse sans mal en haut du palmarès des meilleurs épisodes jamais réalisés.

  • Editeur : Konami Digital Entertainment

Quelques vingt ans après son apparition sur MSX 68000 puis NES, et une formule qui n’a guère dépareillé au fil de la succession d’épisodes que compte sa chronologie depuis lors, Akumajô Dracula, aka Castlevania en occident, nous convie une fois encore, au travers de son dernier chapitre en date, disponible sur Nintendo DS, Castlevania : Portrait of Ruin, à l’éternelle lutte opposant les membres de l’illustre famille Belmont aux forces des Ténèbres emmenées par le sinistre comte Dracula. Sauf qu’en guise d’époque sombre, généralement médiévale, celui-ci nous plonge en plein cœur de la Seconde Guerre Mondiale.

Une recette à l’identique ?

Fier d’un premier volet, sur Nintendo DS, acclamé à sa sortie par les critiques, puisqu’outre le fait qu’il poursuive les aventures du jeune Soma Cruz, héros du précédent volet sur Game Boy Advance, celui-ci se targuait d’offrir aux joueurs une toute nouvelle forme d’expérience de jeu, bénéficiant de l’interactivité proposée par le double-écran de la console portable de Nintendo, notamment à travers l’usage du stylet, Konami tente aujourd’hui de réitérer la performance avec Castlevania : Portrait of Ruin, toujours sur Nintendo DS.

Bien que le jeu se révèle de prime abord plus impressionnant graphiquement que son aîné, ainsi qu’en termes d’animation, force est de constater une fois le jeu en main que nombre d’atouts qui ont fait le succès du précédent chapitre ont ici été délaissés au profit de nouveaux, plus ou moins décriés. En premier lieu, l’utilisation du stylet est à présent reléguée au second plan, ce dernier n’intervenant plus au cours des combats comme au cours des affrontements au sein de Castlevania : Dawn of Sorrow où celui-ci permettait d’infliger le coup fatal à votre ennemi, enfermant ainsi son âme, en dessinant selon le motif affiché à l’écran. Il n’a dorénavant plus d’autres vocations que celle de vous permettre de naviguer entre les menus d’inventaire, compétence qui sied également à la croix multidirectionnelle. Première déconvenue donc, excepté peut-être à ce niveau en ce qui concerne l’un des bonus du jeu imposant le recours au stylet pour porter ses attaques.

Image du jeu Image du jeu Image du jeu

Ensuite, et bien que cela fasse figure de référence au sein de chaque volet de la série, on ne peut que regretter un certain manque d’originalité en ce qui concerne les boss présents tout au long de votre progression (Franken, Death, Légions, Dullahan, Béhémoth), ceux-là même que vous affrontiez dans les épisodes précédents, dans les mêmes conditions et portant les mêmes attaques, à quelques détails près. Mention spéciale cependant à certains d’entre eux qui ont parfaitement su « évoluer » pour proposer un challenge renouvelé (Loup-garou, Méduse) et aux clins d’œil faits à Dawn of Sorrow çà et là. Il est également appréciable de constater le retour de nombreuses créatures «oubliées» du bestiaire de Castlevania ainsi que leur nouvelle silhouette allant de paire, même si la majorité d’entre elles, au demeurant, font partie des classiques de la série.

Un graphisme irréprochable ?

Image illustration

Ainsi on se rend compte dès les premiers instants de jeu que Portrait of Ruin entend placer la barre plus haut que son aîné en ce qui concerne l’aspect graphique et l’animation, et ce ne sont pas les vidéos ou les screenshots disponibles qui viendront contredire cela. Cependant, si l’on peut saluer l’admirable travail graphique effectué sur la modélisation des personnages, il n’en est cependant pas de même en ce qui concerne leur rendu lors des dialogues intervenant de temps à autre au cours du jeu pendant lesquels ces derniers apparaissent à l’écran sous forme d’artworks.

Contrairement aux œuvres très empreintes d’un style gothique, habillant les précédentes productions, estampillées Ayami Kojima, le style manga, récurrent depuis Castlevania : Aria of Sorrow, dessert ici en partie la crédibilité de certains protagonistes du jeu, et notamment Dracula malheureusement. Nintendo DS oblige, les effets visuels ainsi que les décors affichés à l’écran se révèlent fort heureusement magnifiques, sublimant l’écran inférieur de la console portable. De même, la conception des décors sur différents plans et les quelques effets 3D présents occasionnellement tant en arrière-plan qu’au niveau des ennemis, voire des attaques, renforcent d’autant la sensation de profondeur du jeu.

A nouvelle aventure, nouveaux protagonistes

Image illustration

Pareillement à l’aventure précédente, la progression au sein du jeu s’affiche sur l’écran du bas de la Nintendo DS, l’écran du haut se contentant de vous fournir les informations relatives à la carte du niveau ou encore aux caractéristiques personnelles du protagoniste sélectionné par simple pression sur le bouton SELECT, le menu d’inventaire se soustrayant à l’écran de jeu en cours de pause. Contrairement aux épisodes précédents se bornant à vous convier à l’aventure sous l’égide d’un seul et unique protagoniste, Portrait of Ruin change ici la donne en vous proposant la faculté de diriger simultanément deux personnages, nouveaux venus dans l’univers de la série, et chasseurs de vampires de surcroît : Jonathan Morris et Charlotte Orlin.

Si le premier personnage fait évidemment référence à la famille Morris, présente au sein de certains chapitres de la série tel Castlevania : Circle of the Moon, disponible sur Game Boy Advance, le second en revanche est totalement inédit. Descendant de la famille Morris, Jonathan a par conséquent reçu en héritage le lourd tribut de protéger l’humanité des forces des Ténèbres, et pour cela il est le détenteur du légendaire fouet Vampire Killer.

S’interrogeant sur les origines de l’arme, Jonathan ne cesse de renâcler dans son esprit quels liens le rattachent à la famille Belmont, originairement détentrice du fouet, redoutant de ne pas être à la hauteur de la tâche qui lui incombe malgré l’arrogance qui le caractérise. Charlotte Orlin quant à elle se révèle être une puissante magicienne, amie de Jonathan, et qui l’accompagne dans sa mission le confrontant aux forces du Mal.

1944. Alors que la guerre fait rage, déchirant le monde, Castlevania, le légendaire château de Dracula reparaît. Averti par un moine, Jonathan se rend sur place afin d’enquêter sur les raisons qui ont fait que celui-ci reparaisse, accompagné de Charlotte. Découvrant que les forces des Ténèbres sont une fois de plus à l’œuvre au sein de l’enceinte du château, Jonathan et Charlotte ne tardent cependant pas à identifier la source de cette agitation.

Il s’agit de Brauner, un illustre peintre mondialement connu pour ses tableaux, lequel cherche à s’approprier les pouvoirs des Ténèbres pour sublimer son œuvre. Entouré de ses deux filles, Stella et Lorreta, ce dernier s’est ainsi mis en quête d’invoquer Castlevania pour y élire domicile, cela afin de transcender son art.

Image du jeu Image du jeu Image du jeu

De l’autre côté du miroir

Image illustration

S’agissant d’un peintre, Brauner a par conséquent réuni l’ensemble de ses toiles au sein du château, lesquelles s’ouvrent sur divers lieux du monde, renfermant chacun une fraction du pouvoir des Ténèbres. Ainsi, contrairement aux précédents volets de la série, vous confinant généralement à l’enceinte du château, le jeu vous propose cette fois d’explorer diverses régions du monde, à la manière de Castlevania : Bloodlines, en passant de l’autre côté du miroir, traversant respectivement chacun des tableaux peints par Brauner, afin d’y vaincre les forces obscures à l’œuvre. Angleterre, Allemagne, Egypte figurent ainsi parmi les lieux à visiter, en sus bien évidemment des innombrables couloirs du château qu’il vous faudra explorer de fond en comble dans l’espoir de découvrir les dits tableaux correspondants, disséminés çà et là.

Si l’ambiance et le bestiaire se réfèrent indéniablement au cadre visité, force est de reconnaître qu’outre le soin dont ont bénéficié les décors, les compositions musicales soutenant la progression du joueur en leur sein contribuent grandement à insuffler au jeu une dimension d’autant plus fantastique, s’inscrivant pour la plupart dans le classicisme des thèmes rencontrés précédemment. Composée par Yuzo Koshiro et Michiru Yamane, la bande originale du jeu se veut par conséquent dans la grande tradition du genre avec des thèmes graves, entraînants, dénotant d’une ambiance gothique, classique et à la fois baroque.

En outre, s’il convient d’apprécier une fois encore la qualité de la performance sonore de la Nintendo DS en ce qui concerne la bande-son du jeu, cela serait sans compter la richesse et la diversité des dialogues et bruitages ponctuant l’aventure. A défaut de proposer de multiples effets acoustiques, lesquels se révèlent cependant fort réussis malgré leur discrétion, Portrait of Ruin met en effet davantage l’accent sur les voix et dialogues présents au sein de l’aventure, afin de parfaire la dimension manga omniprésente au niveau de la mise en scène de l’histoire, pareillement à Dawn of Sorrow. Qu’il s’agisse de vos adversaires ou des protagonistes, le titre compte à lui seul quelques 252 voix enregistrées du plus bel effet et magnifiquement diffusées par les haut-parleurs de la console, même s’il est vrai que l’on s’étonne à regretter l’absence du hurlement caractéristique de l’armure lance-haches. On ne peut en effet remettre en question l’admirable travail de doublage réalisé par les seiyû.

« Quand on n’est pas Dieu, faut être deux »

Image illustration

Ainsi qu’évoqué précédemment, Portrait of Ruin possède la particularité, contrairement à ses aînés, de placer le joueur dans le rôle de deux chasseurs de vampires, aux aptitudes au combat différentes, et simultanément de surcroît. Bien que le gameplay basique emporte quantité d’éléments récurrents à la saga tel que l’usage d’armes secondaires en plus du fouet, dans le cas de Jonathan, le mouvement d’esquive en arrière ou encore le saut, de nombreuses améliorations et évolutions sont toutefois à relever, nécessitant cependant de votre part que vous collectiez auparavant les reliques leur correspondant. La première d’entre elles est bien entendu la possibilité de changer de personnage en cours de jeu, à tout moment, en appuyant sur la commande X.

Si cela peut s’avérer utile dans certaines situations, la magie de Charlotte se révélant parfois plus efficace contre un type d’adversaires plutôt que la force physique caractérisant Jonathan, il vous est en outre également possible d’invoquer en même temps à l’écran les deux protagonistes par simple pression du bouton A, auquel cas le personnage « secondaire » vous assistera en tant que soutien pendant les combats et vous suivra tout du long de votre progression jusqu’à ce que vous le « rappeliez ». Cependant, loin d’être totalement autonome, ce dernier pourra se voir intimer des ordres tels que s’immobiliser, dans le cas où vous auriez besoin d’activer deux interrupteurs distants, ou bien déclencher une attaque spéciale, selon celle que vous lui aurez attribué, voire combinée. En outre, en cas de besoin, il vous est toujours envisageable d’intervertir les deux personnages.

Image du jeu Image du jeu Image du jeu

Bien que les deux protagonistes se complètent au niveau de leurs actions respectives, ces derniers partagent cependant les mêmes jauges de vie et de magie, nécessitant par conséquent de votre part la plus stricte vigilance en combat pour ne pas vous faire surprendre. A l’instar des différents épisodes successifs depuis Castlevania X : Symphony of the Night, l’équipement mis à votre disposition vous permet de gérer à votre convenance les caractéristiques et l’armement de chacun des deux héros. Si certains objets se révèlent communs aux deux partenaires, d’autres en revanche leur sont spécifiques, notamment les armes secondaires, Charlotte employant des sorts de magie, Jonathan préférant les armes blanches. A la manière des âmes de vos adversaires dans Aria of Sorrow et Dawn of Sorrow, la plupart des objets de l’inventaire se récupèrent aléatoirement sur vos adversaires, les autres pouvant être acquis directement auprès de l’échoppe tenue par le moine Vincent au sein du château, moyennant finances, là encore obtenues auprès des monstres vaincus.

L’intérêt du mode Wi-Fi

Image illustration

Relativement difficile, la collecte de tous les objets de l’inventaire représente par conséquent un important défi au sein du jeu, fort heureusement pallié par la possibilité pour le joueur de les acquérir grâce au Shop Mode lui permettant de consulter les objets mis à sa disposition par les autres joueurs via le mode Wi-Fi. En effet, à l’instar d’un magasin en ligne, Portrait of Ruin gère également par l’intermédiaire de la Nintendo Wi-Fi Connexion et du réseau sans fil l’échange et la vente d’objets entre joueurs, à raison de 4 connectés simultanément au sein de la même enseigne. Laissés à l’appréciation du tenancier de la boutique virtuelle, les tarifs, de même que l’accès à cette dernière, autorisent par conséquent une liberté de commerce totale. En outre, les acquéreurs désireux de mettre la main sur un objet précis peuvent, s’ils le souhaitent, émettre une requête auprès des marchands afin de leur demander s’ils possèdent l’objet convoité et à quel prix.

En effet, la restriction du nombre d’exemplaires étant fixée à 9, en sus de la difficulté à les obtenir, chaque joueur se retrouve donc seul maître de décider quel article mettre en vente en ligne et en quelle quantité. Outre le Shop Mode, Portrait of Ruin offre également la possibilité jusqu’à deux joueurs de jouer en coopération grâce au Co-op Mode. Abandonnant à chaque joueur le choix de son partenaire de jeu, parmi une liste d’amis ou autre, l’aventure proposée en ligne ne permet cependant pas de revivre à deux le scénario principal, se contentant uniquement de vous transposer dans le niveau de votre choix en vue d’exécuter diverses missions aux objectifs variés.

Loin de poursuivre sur la voie dans laquelle s’est engagé Dawn of Sorrow, Portrait of Ruin apporte cependant son lot de surprises en tout genre, faisant profiter le joueur de l’expérience de l’équipe à son origine pour vivre une aventure exceptionnelle, dans la lignée des meilleurs épisodes de la série, même si quelques détails çà et là sont matière à reproches. Proposant une animation particulièrement impressionnante de fluidité, de même que des boss colossaux, une intrigue passionnante et une durée de vie conséquente, le jeu se targue en sus d’offrir aux fans de la série quantité de clins d’œil et de modes bonus, ajoutant d’autant d’intérêt au titre. Sans toutefois éclipser les volets cultes de la saga, en raison de l’impression de déjà vue commençant à se faire ressentir, le jeu se hisse sans mal en haut du palmarès des meilleurs épisodes jamais réalisés.

Les points positifs

L’animation.
La musique.
Le gameplay.
Les clins d’œil à la série.
La cinématique d’introduction.
L’ambiance.
Le système de quêtes.
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16/20

Les points négatifs

La répétitivité de l’action.
Le manque de renouveau.
Les possibilités Wi-Fi trop limitées.
L’absence d’interaction avec le stylet. dans le scénario principal.
Le design typé manga des personnages.