Dans la lignée des jeux de gros robots, citons sans hésiter Gundam. Le célèbre anime revient une fois encore sur PS2 à l’occasion d’un nouvel opus : Gundam seed + vs ZAFT 2. Inspiré de la série Gundam Seed Destiny, ce nouveau volet permettra d’explorer cette partie de l’anime en jeu. Il rejoint alors les autres jeux Gundam retraçant la série culte.
Avec une belle intro couplée de la musique du générique de l’anime, on se retrouve dès le départ dans l’ambiance Gundam : des combats au sol, dans les airs ou dans l’espace, avec missiles et lasers en tous genres. Mais la courte introduction n’est qu’une mise en appétit, la beauté se trouve au cœur du jeu. Cependant, il semble que les efforts des concepteurs n’avaient pas pour but de créer un jeu qui brille aux yeux de tous car si les méchas sont fidèles au dessin animé pour la plus grande joie des fans, il n’en reste pas moins que la PS2 n’a vraiment pas été très exploitée vis-à-vis des décors, d’où des immeubles purement rectangulaires qui se détruisent en s’enfonçant dans le sol ou autres terrains spatiaux qui n’ont que des failles dans le sol et quelques morceaux de météores comme garnitures.
Mais l’on peut se rassurer avec les cinématiques qui sont restées très fidèles à l’anime en reprenant les passages les plus charismatiques (le lancement du Gundam, le vol des 3 nouveaux modèles de combat Gaïa, Chaos et Abyss,…), offrant ainsi une 3D somptueuse avec des couleurs appétissantes. On regrettera quand même que cette dextérité graphique ne soit pas retrouvée dans le combat. En effet, à part les robots et les projectiles plutôt réussis, on déplore le manque de travail du décor ainsi que la caméra qui ne s’adapte pas vraiment à la situation, à moins de changer successivement d’adversaires et de se mettre en position dangereuse.
Et pour couronner le tout, lorsque vous gagnez ou perdez un combat, vous revoyez le dernier impact contre le robot détruit mais l’explosion est malheureusement ralentie, gâchant l’intérêt de l’idée pourtant originale. On se permettrait presque de temps à autre le souvenir de Power Rangers avec les Mégazords. Heureusement, la fluidité pendant le combat n’est en elle-même pas mauvaise et la vitesse moyenne du jeu est acceptable si l’on n’est pas trop exigeant de ce côté-là.
Dans l’ensemble, le scénario respecte celui du dessin animé, tout en présentant des choix dans l’ordre des missions, quelque fois dans le choix des coéquipiers (voire celui de ne pas en prendre) et avec quelques missions sortant du scénario strict mais adaptées pour la progression de la difficulté. On incarne donc Shin Asuka, dont la famille a été tuée sous ses yeux lors d’une explosion pendant la guerre et qui, rempli de vengeance, devient pilote de MS pour l’armée. Beaucoup de personnages, ainsi qu’une multitude d’engins sont présents, en tant qu’alliés ou ennemis. Il est d’ailleurs possible de lire la fiche de chaque personnage dans le mode bonus. Mais bien que les cinématiques soient magnifiques, elles sont relativement courtes (eh oui, la délectation reste de courte durée).
Le fan de Gundam Seed Destiny se retrouvera complètement immergé dans cet univers tandis que pour celui qui ne connaîtrait pas encore Gundam (si si, ça existe !), c’est l’occasion de le découvrir, d’autant que le jeu est en général assez accessible et qu’il n’y a pas de « game over » rébarbatifs obligeant à tout recommencer. En plus, les musiques d’opening et d’ending de la série animée sont au rendez-vous.
Il ne faut pas se leurrer là-dessus pourtant, car bien que le fond sonore soit généralement léger et agréable, le nombre de musiques reste assez limité et celles-ci peuvent devenir lassantes à la longue. Les fans se réjouiront aussi des voix qui ne les dépayseront pas.
Les deux modes les plus distractifs du jeu sont sans conteste le mode multijoueurs et le mode P.L.U.S. (ou autrement dit le mode histoire). Dans le mode P.L.U.S., vous vous nommez Shin et vous effectuerez des missions, seul ou avec des alliés, avec un engin imposé ou au choix parmi ceux que votre niveau vous aura permis de débloquer. Plusieurs types de missions sont proposés parmi lesquels des missions de combat pur (« détruisez vos ennemis »), de récupération d’objets dans un temps imparti, de survie, de protection….Les missions sont de difficulté évolutive et les points cumulés à la fin de chacune d’entre elles permettent d’augmenter son niveau pour améliorer ses caractéristiques et débloquer ainsi certains robots.
Néanmoins, augmenter son niveau est un travail de longue haleine et il ne faut pas hésiter à refaire plusieurs fois certaines missions, sans quoi on peut être vite dominé par le niveau de l’ordinateur. C’est un travail plutôt pénible mais souvent nécessaire pour avancer. Autre réconfort du procédé, plus vous jouerez avec vos alliés, plus leur niveau augmentera aussi mais également leur humeur : ils seront plus proches de vous et afficheront même une pose différente lorsqu’ils sont assez « heureux ». Mais en combattant en équipe, certaines particularités font surface. Tout d’abord, le coéquipier peut être imposé pour la mission ou en « no entry », c’est alors à vous de choisir votre pilote et son robot (vous pourrez en débloquer plusieurs au fil des niveaux et des missions).
De surcroît, pendant le combat, vous pourrez donner des ordres particuliers à votre équipe, ce qui peut s’avérer utile si on veut jouer « stratégique ». Il est aussi possible de déterminer une caractéristique particulière de l’engin en le configurant sur « speed », « rush » ou « power ». Toujours dans le domaine de la technique, il faut parfois faire preuve de ruse pour réussir ses missions et non pas de force pure et brute. On a ainsi la possibilité d’exploiter les décors (en se cachant derrière un immeuble ou dans un fossé par exemple, ce qui permet de créer un effet de surprise si l’on fait attention à ne pas se faire surprendre par la vitesse de réaction adverse.
Si on a encore l’idée d’y penser, on peut remarquer le principe de munitions qui se rechargent par une touche ou par un temps de recharge, ce qui peut être désagréable si l’on n’y fait pas attention (imaginez-vous à un doigt de la victoire, devant l’ennemi à qui il ne reste presque plus de vie et au moment d’appuyer sur la gâchette vous n’avez plus de munissions…...non non, ce n’est pas un scénario improbable, c’est même plutôt courant). Au passage, chaque robot possède des armes différentes et un mode de combat propre (rapproché ou plutôt à projectiles, aux missiles ou plutôt au sabre laser,….). Il faut donc bien définir avec quel combattant l’on se sent le plus à l’aise au combat mais aussi s’il est équipé pour lutter en bataille ou en mission.
Les difficultés particulières se trouvent tout d’abord dans la manipulation. En général, le bouton carré envoie des missiles mais le bouton triangle peut, selon le robot, être soit une utilisation de l’épée soit permettre de lancer d’autres types de missiles. Le bouton Croix sert à voler et le bouton rond à changer le verrouillage de l’ennemi (et donc de déplacer la camera qui n’est pas toujours bien placée hélas). La combinaison de plusieurs touches peut d’ailleurs aboutir à des armes plus puissantes qu’utilise le MS. La jauge « rush », « speed » ou « power » (selon votre choix) peut vous permettre, après l’avoir libérée par le bouton analogique R3, d’utiliser des techniques spéciales. Si vous jouer en équipe, c’est avec le bouton de tranche L1 que vous pourrez changer les ordres adressés à vos alliés.
Prendre le tout en main, sachant que la façon de combattre n’est pas la même selon le perso que vous choisissez, demande un peu de patience au départ. Mais une fois ce cap passé, une seconde difficulté s’imposera dans le mode P.L.U.S. : la pénible et longue montée de niveau. Si on doit chercher une dernière « difficulté », ce serait le choix du MS (il y en a tellement que c’est impressionnant, et il en est de même pour les pilotes).
Gundam nous propose un mode option, un mode bonus où l’on retrouve la character list (liste des personnages), l’artwork list, la movie list (liste de vidéos) ainsi que la sound list (liste de musiques). En outre, il y a 4 modes de jeu : le mode arcade (neuf combats enchaînés classiques), le mode multijoueurs (4 joueurs en équipe dont 2 ou 3 contrôlés par l’ordinateur), un mode de missions avec des records à effectuer puis à surpasser et enfin le mode P.L.U.S. correspondant au mode histoire.
Le dilemme dans ces modes là reste celui où l’on se demande qui l’on va choisir. Mais une critique commune peut mettre en commun ces modes, et donc le jeu entier : les combat sont répétitifs et on ressent vite un goût de déjà-vu. Les modes ne proposent au final que du combat (à part la bribe de scénario dans le mode P.L.U.S.) et cela amoindrit l’intérêt du jeu en le rendant lassant au bout d’un moment. Pour un mordu de Gundam, ce jeu est à acquérir sans attendre mais pour quelqu’un qui le découvre, un bon Zone of the Enders produit bien plus d’adrénaline.
Les points positifs
Bonne maniabilité pour des mechas.
Les points négatifs
Scénario pas assez abouti.