Halte à la violence dans les jeux de guerre ! Changeons pour un peu de stratégie avec un jeu créé par Leviathan Games : Online Chess Kingdoms. Un nom assez explicite pour vous faire comprendre qu’il s’agit là d’un jeu d’échecs. Voila une bonne occasion pour faire tourner ses neurones et de changer un peu des jeux bourrins, mais attention toutefois à la surchauffe cérébrale car ce jeu ira plus loin qu’un simple jeu d’échecs classique.
Dès que le jeu est allumé, on assiste à une présentation du scénario : Phrénos créé le monde en donnant naissance à cinq races, à savoir le Chaos, la Raison, la Magie, l’Esprit et l’Ordre. Or ces espèces n’ont pas pu vivre en harmonies et en sont venues à se livrer batailles, chacune voulant dominer les autres.
Dès lors, Phrénos a décidé : « si elles ne peuvent vivre ensemble, elles apprendront à vivre séparément » en les dispersant vers des mondes différents.
Mais avec le temps, ces civilisations ont oubliées cette histoire sur leur origine et lorsque les barrières entre les royaumes conçues par Phrénos se sont affaiblies, la guerre reprit sont cours. Et c’est vous qui serez aux commandes des différentes armées tout le long du mode histoire.
C’est une introduction qui ne manque pas de nous mettre en appétit avant de se lancer dans les combats, d’autant que la guerre perdurera jusqu’à atteindre un sixième monde : celui de Phrénos.
C’est donc dans un contexte de guerre et dans une ambiance médiévale que vous êtes lancé, non pas dans un soft de « baston » mais vers le plateau d’échecs où vous devrez prouver votre aptitude à faire la guerre sur un plan tactique. A ce propos, il est vrai que les jeux tels les échecs (occidentaux et chinois) ou encore le Go trouvent leur origine dans la planification stratégique militaire.
L’accès à cinq types d’armés, chacune possédant un monde, se traduit évidemment par des décors et des apparences différentes en fonction du thème de l’armée. On retrouve donc un aspect visuel assez mis en valeur pas la variété des « costumes » de chaque pièce. Cependant, si chaque monde et sa populace est différent de l’autre, il est logique qu’il en soit de même pour les pièces : le cavalier est donc un cheval rouge au poil de feu dans le Chaos, un centaure chez l’Esprit, un dragon dans l’Ordre et la Magie ou encore un « dragon-robot » pour la Raison. Ces cinq armés représentent également cinq thèmes : le Chaos ressemble à l’enfer, l‘Esprit représente la nature, la Raison se base sur la technologie, la Magie fait image de l’univers fantastique tandis que l’Ordre a l’apparence du milieu aquatique. Ce n’est pas tout, les terrains aussi font preuve d’une grande beauté et chaque monde propose trois terrains de jeu : pays, ville ou utopia. Les concepteurs n’ont pas lésiné sur la beauté des pièces et des terrains. Néanmoins, ils en ont peut être un peu trop fait car la combinaison entre certaines espèces avec certains plateaux de jeux gênent parfois dans la reconnaissance des pions et affaiblit la qualité du résultat escompté.
Des petits points positifs sont tout de même présents afin de faire oublier ce contraste. On remarque par exemple que pendant que l’on réfléchit et que deux pièces adverses sont côte à côte, elles se taquinent mutuellement à coups de claques notamment… La mobilité de la caméra est aussi remarquable et simple d’utilisation : il suffit d’utiliser le joystick sous les flèches et un bouton réinitialise sa position. Qui plus est, les déplacements sont plutôt amusants et sont propres à chaque personnages (un cheval de feu faisant un salto avant pour arriver sur sa case : ce n’est pas tous les jours que l’on voit cela). Dans les combats aussi, chaque pion a sa façon d’attaquer son adversaire pour le capturer (vous pourrez ainsi admirer la danse du fou-sorcier de l’Esprit en invoquant sa magie et faire tomber l’ennemi ciblé ; ou bien leur tour-barbare qui ressemble à un arbre marchant comme dans le Seigneur des Anneaux et qui écrase ses opposants à coup de massue).
Cependant, beaucoup de ces qualités ne peuvent être visualisées qu’en mode « classique », puisque souvent ces aspects s’expriment par des cinématiques (lors d’une capture surtout). Si par contre, vous préférer un plateau de jeu classique dans le style « pions blancs contre pions noirs », alors le bouton select permet le passage en mode mi-3D, mi-2D puis en mode plateau 2D. Le tout donne un sentiment d’affrontement médiéval, renforcé par une musique ambiante qui respecte le cadre de la guerre mythique. Par contre, concernant la partie musicale et sonore, il est regrettable que c’est toujours les même morceaux qui reviennent ; ce qui rend le jeu très vite agaçant.
Il faut dire que si le jeu se démarque d’un autre jeu d’échecs, c’est surtout parce qu’il propose un mode d’affrontement d’un type nouveau : celui où l’on abolit le « tour à tour ». Et oui, l’ordinateur et vous-même (ou les deux joueurs selon les cas) joueront en même temps. De surcroît, la capture du roi ne signifie pas la fin de la partie : ce mode propose une lutte qui s’achève au comptage de points. En effet, le combat est remporté par le premier joueur qui atteint 30 points, sachant qu’un pion capturé vaut 1 point, un cavalier ou un fou 3 points, 5 points pour une tour, 9 pour la reine (même si c’est un pion promu en reine donc faite attention à ne pas perdre bêtement des points à cause de ça) et enfin 12 points pour le roi. Mais pour autant, n’ayez aucune crainte : les règles concernant les déplacements sont conservées comme dans le mode classique.
Cependant, comme il n’y a plus de tour à tour vous laissant le temps d’analyser la situation, il vous faudra développer uns stratégie adéquate en un minimum de temps et être vigilant : la réflexion et les réflexes seront les maîtres mots. Entre la vitesse du jeu, l’intelligence de l’ordinateur, les pièces adverses qui se promènent de part et d’autre ainsi que la découverte de ce mode, vous serez à coup sûr désorientés au départ, d’autant plus que si l’adversaire se déplace alors que vous étiez en train d’essayer de l’attaquer, on vous affichera un « coup interdit » en bas de l’écran. Si lors de vos premières parties vous êtes submergés et que vous perdez, il n’y a rien d’anormal donc. Pensez juste à ne pas commencer par le mode maître et tentez de trouver un tactique en début de partie et non pendant celle-ci car les dés seront jetés.
Il vous faudra être aussi rapide que le jeu et parfois même anticiper les mouvements adverses .Mais attention, une barre de puissance est placée afin de réguler vos mouvements : à chaque fois que vous vous déplacez, la jauge diminue et aucun mouvement n’est possible lorsqu’elle est vide. En général, le bouton croix servira à déplacer vos pièces, le bouton rond à suggérer un coup et le bouton carré à annuler le coup précédent (dans le mode classique uniquement). Quoi qu’il arrive, vous pourrez choisir le mode classique ou le mode combat selon votre préférence pour commencer le mode histoire. Celui-ci se déroule d’abord sur un plateau quadrillé où se trouvent au départ les capitoles, armés et villes de chaque camp, ainsi que des villes non conquises et des refuges. Vous devrez alors créer plusieurs armés, conquérir les villes vides et adverses et respecter les consignes de la mission (en général, c’est « capturez les capitoles », « battez toutes les armées » ou « entrez dans le refuge et restez-y pendant trois tours »).
Pour qu’un affrontement démarre, il faut juste qu’une de vos armées rencontre un armée adverse. Cela dit, les missions peuvent être assez logues à réaliser donc réfléchissez bien entre le mode classique (parties entre dix minutes et une demi heure) ou le mode combat (rarement plus de soixante secondes par bataille). Heureusement, pour vous aider dans votre conquête, des pouvoirs variés vous seront octroyés au fil des chapitres tels que créer une armée (par défaut), vous déplacer sur un nombre de cases plus conséquents, effectuer un second déplacement avec une armée dans le même tour, changer une case du plateau en ville ou carrément détruire un adversaire ou une ville proche. Petit conseil : un tutorial est proposé dans le menu « aide », alors lisez-le avant de commencer a jouer. Il peut au passage rappeler aux anciens joueurs les règles ainsi qu’enseigner aux novices les démarches à suivre. Ce tutorial est clair et précis, bien illustré mais malheureusement il ne se limite qu’aux règles du jeu et qu’à l’explication du mode combat, sans la moindre aide stratégique (ce qui est dommage pour les nouveaux joueurs).
Dans le panel des modes, on retiendra la partie rapide, le mode histoire, l’aide et le jeu en ligne. La partie rapide est libre concernant la configuration aussi bien pour le nombre de joueurs (contre l’ordinateur ou contre un second joueur), que pour le mode d’affrontement (mode combat ou mode classique), mais aussi pour le niveau (dans l’ordre croissant : débutant, intermédiaire, expérimenté, maître) et pour le terrain de jeu (le choix de la race dans le monde, puis le pays, la ville ou l’utopia). Pour le mode histoire, on peut se créer un ou plusieurs profils mais on peut aussi jouer sans.
A noter que le mode histoire en lui-même n’est pas très long. Maintenant, si l’on met de côté le mode de jeu en ligne, ce soft ne propose pas plus de 20 heures de jeu au total. D’où l’intérêt de jouer contre d’autres personnes. Un classement de joueurs est même disponible. Une intelligence humaine n’étant pas une intelligence artificielle, prenez garde à ne pas être surpris par les tactiques de vos adversaires lors de vos premières rencontres.
Ce jeu bénéficie d’une belle réalisation concernant le fait d’avoir mêlé guerre et échecs ensemble. Cependant, il est bien trop court et la notion de stratégie des échecs n’est pas assez mise en valeur par le soft. C’est un bon titre pour passer de bons moments à se divertir aux échecs mais pour les connaisseurs, il vaut mieux encore ce référer à Chessmaster.
Les points positifs
Un gameplay réussit.
Les points négatifs
Durée de vie trop courte.